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Pourquoi se protéger ?

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Lizou:
Cet article a été écrit par un médecin anesthésiste, motard et membre d'un autre forum. Il a bien voulu que je reproduise son article ici.
Il ne s'agit pas de faire un cours de morale mais d'informer. A chacun ensuite de rouler selon sa conscience. ;)

Avant de choisir son matos, il faut bien penser aux zones que l’on doit protéger et le réel avantage à les protéger.

1) Pour la tête, pas de commentaires particuliers sauf que le choix d’un casque ne doit pas reposer que sur l’esthétique mais bien sur ses caractéristiques d’absorption des chocs. Lisez la presse spécialisée, comparez les crash tests.
Si l’idéal est que le casque offre la protection max à tout endroit, mieux vaut que le casque soit plus protecteur au niveau des tempes qu’au niveau des machoires. Au niveau des tempes, passe l’artère temporale et, lors d’un choc plutôt violent, cette artère se sectionne et créée un Hématome Extra Dural qui comprime le cerveau…et là, il faut faire vite pour évacuer cet hématome.

2) Pour les vertèbres, pas facile de protéger ses vertèbres cervicales sauf d’adopter certains colliers mais qui empêchent de tourner la tête.



Le disque entre chaque vertèbre joue un rôle d'amortisseur. Protégé par les vertèbres, la moelle épinière descend tout le long de la colonne et distribue à chaque étage vertébral les racines nerveuses motrices et sensitives, grâce à des orifices appelés trous de conjugaison.
C'est à ce niveau que peuvent être comprimées ces racines avec comme résultat une névralgie dans le territoire correspondant, la plus connue étant la sciatique (la compression a lieu au niveau de la 4e ou 5e lombaire ou la 1re vertèbre du sacrum).

La protection des cervicales n’est pas encore au point et les produits existants ne sont pas passés au crash test, à ma connaissance.
Les cervicales, au nombre de 7, sont vulnérables et le traumatisme en hyper flexion ou en hyperextension ou par choc frontal peut entraîner une paralysie totale : au dessus de la 3 ème cervicale, c’est foutu.
En dessous, on est tétraplégique c'est-à-dire que les 4 membres sont paralysés plus le thorax et l’abdomen et la tétraplégie est le plus souvent complète avec un taux de récupération nul. Au pire on ne peut bouger que la tête (atteinte au niveau de la 4 ème vertèbre cervicale) et au mieux (atteinte au niveau de la 7 ème cervicale) seuls les 2 derniers doigts sont paralysés et donc on peut fléchir l’AV bras sur le bras, on garde la « pince » soit on peut rapprocher index du pouce, on peut se servir d’une fourchette et utiliser un fauteuil roulant.
Ce type de traumatisme est fréquent lors de plongeons en eau peu profonde et imaginez que là, ce n’est pas la vitesse qui est responsable de tels dégâts et, parfois dans ces cas, les tétraplégies sont incomplètes et peuvent ne pas atteindre totalement les 2 membres supérieurs ni entraîner une paralysie complète du thorax, abdomen, membres inférieurs.

Les vertèbres dorsales, au nombre de 12, sont parfois impliquées lors des accidents de moto et c’est souvent grave.
Lors d’un choc produisant une force X, une protection de qualité peut éviter de se retrouver paralysé selon son niveau de protection. Un traumatisme violent au niveau des vertèbres dorsales (l’on dit « thoraciques ») ne pardonne pas, c’est la loi du tout ou rien et la paralysie, si elle existe, est quasi toujours complète et sans espoir de récupération. En effet, la moelle épinière est contenue par une membrane, la dure mère, qui est ici quasi en contact avec le canal vertébral.

C’est différent au niveau lombaire où la dure mère contenant la moelle épinière puis le début des racines nerveuses garde un petit espace occupé par de la graisse jouant un rôle d’amortisseur. Ici, la paralysie peut être totale ou incomplète donc avec, dans ce cas, espoir de récupération.

Ainsi donc la coque thoraco-lombaire voit là tout son intérêt et il ne faut pas se contenter des coques dites homologuées vendues avec le blouson, ou que l’on acquiert secondairement, à moins qu’elles ne remplissent un bon cahier des charges. Il faut donc préférer une dorsale additionnelle.

Coques moins cher sur le net ?
Ouais, possible, mais faut d’abord essayer chez un revendeur pour choisir la bonne taille. Ensuite, avant d’acheter, connaître le niveau de protection de la dite coque :
L’homologation CE 1621-1 transmet une force de 35 KN maximum après un impact donné
L’homologation CE 1621-2 transmet une force de 18 KN maximumaprès un impact donné
L’homologation CE 1621-2 niveau 2 transmet une force maximum de 9 KN après un impact donné

Les constructeurs ne donnent pas forcément cette information et il faut aller la chercher sur la dite coque où on voir sur une petite étiquete, à l’intérieur, un motard dessiné puis 1621 puis 1 ou 2 voire un autre « 2 » plus haut.

Je cite celle de chez BM qui coûte 159 euros (sans ristourne) car ils sont « transparents » et elle avait obtenu les meilleurs résultats au crash test de Moto Mag.



NB : le serrement des dorsales doit se faire au niveau du bassin et non sur l’abdomen, même si ça fait rentrer le ventre.
Cette coque est très recouvrante du haut des vertèbres dorsales jusqu’au sacrum mais aussi latéralement, protégeant ainsi les omoplates, la partie postérieure des côtes et les « reins » évitant ainsi un ébranlement rénal voire une rupture du ou des reins.
Elle est de protection 1621 niveau 2, 2 ce qui signifie que lors d’un impact X, la force transmise est de 9 KN au pire. Ici, la force transmise est de 5 à 6 KN.

3) Thorax et abdomen
Là, des constructeurs ont pensé à des coques protégeant la partie postérieure thoraco-lombaire et la partie antérieure du thorax pour limiter les traumatismes du sternum, des côtes mais, devant, la protection n’est pas des plus efficaces.
Reste le gilet air Bag, placé sur le blouson et qui semble d’une grande efficacité mais coûte plus de 600 euros.



Ces schémas montrent le thorax de face et de profil et l’on voit bien, sur le profil, les côtes reliées en arrière aux vertèbres et en avant au sternum. Le thorax renferme le cœur, une partie de l’aorte, les poumons. Ceux-ci sont entourés par une fine membrane dite la plèvre « médiastinale » laquelle vient se coller à une autre plèvre, la plèvre « pariétale » accolée à la paroi du thorax fait des côtes entre lesquelles y a les muscles intercostaux, artère et veines intercostales, nerfs intercostaux….Bon, y a du monde

Un traumatisme violent peut entraîner de sérieux dégâts tels un écrasement des poumons qui peuvent aussi se perforer lors de fractures de côtes. La perforation des plèvres et du poumon entraîne une entrée d'air entre les plèvres qui se décollent et cet air, s'accumulant vient comprimer les poumons et les structures contenues entre les poumons, provoquant ainsi un pneumothorax.

Pneumothorax modéré des 2 côtés (là où c’est noir)



Pneumothorax suffocant d’un seul côté mais qui est, là, menaçant : on voit bien que c’est tout noir à gauche et que l’air comprime les structures médiastinales dont le cœur et il faut vite planter un drain pour que le poumon revienne à la paroi. Là, on manque sérieusement d’air…



Un traumatisme violent peut entraîner aussi une rupture de l’aorte (c’est mortel), une contusion du cœur, des contusions des poumons etc….

4) Epaules et membres supérieurs : Le choix de vêtements protecteurs contre l’abrasion, en cas de glissade, mais aussi contre les chocs, est justifié.

L’humérus (le bras, quoi), la tête de l’humérus, l’articulation clavicule/tête de l’humérus (l’acromio-claviculaire) et la clavicule sont des zones à risques.



La protection doit être enveloppante et recouvrir largement ces zones et obeir à certaines normes d'homologation et, si possible, ne recevoir qu'une force maxi de 10 à 12 Kn après tel impact. Devant, elle devrait couvrir au moins la moitié de la clavicule, aidée en cela par telle coque additionnelle qui protège la clavicule avec un système de fermeture au niveau du sternum.
Certains blousons voient les coques articulaires protéger toute la clavicule jusqu'à l'articulation entre le sternum et la clavicule.

Exemple : chute à petite vitesse, glissade finale sur le ventre, choc épaule contre le pneu de la moto arrêtée qui arrête la glissade du motard mais avec pour résultat une luxation de l’épaule. Une excellente protection peut au moins minimiser les dégâts et éviter la luxation car la force transmise se répartit sur l'ensemble de la coque et non sur un point donné. Cependant, en cas de grande violence de l’impact, il est clair que la protection ne suffit pas mais limite les dégâts.

Un traumatisme ou un étirement de l'épaule et clavicule ou un étirement important du membre supérieur peut entraîner des fractures multiples mais aussi une paralysie de tous les nerfs du membre supérieur par impact sur le "plexus brachial" (rassemblement des nerfs dans une gaine) qui passe entre clavicule et 1 ère côte. Le membre est "mort" et ne sera plus fonctionnel.

Une fracture de l'humérus peut entraîner une paralysie du nerf radial, empêchant de relever la main mais aussi une rupture de l'artère radiale qu'il faut opérer en urgence sans être sur du succès et pouvant conduire à une amputation du bras si la "réparation" de l'artère est un échec.

Une fracture complexe et ouverte du membre supérieur (l’os a traversé la peau) posera de gros problèmes de risque d’infection, de non consolidation, de ré-opération…..
Je ne parle pas des brulures occasionnées par des glissades : pizza….

Une fracture du radius simple opérée entraîne une incapacité d’assez longue durée, de même qu’une fracture du coude laquelle peut entraîner des séquelles non négligeables telle une raideur du coude qui pourra nécessiter une nouvelle opération.

Une simple fracture du poignet non opérée c’est 6 semaines de plâtre puis rééducation en suivant.

L’utilisation de vêtements anti-abrasifs et protecteurs est donc nécessaire. Les coques doivent pouvoir ne pas sortir de leur emplacement lors d’une chute et devraient protéger depuis au moins 3 travers de doigts au dessus de l’articulation du coude jusqu’à la partie distale du cubitus (os long intérieur quand la main est face au ciel), tout près de l’articulation du poignet. Au niveau du coude, la coque doit être enveloppante et protéger les os que nous sentons et qui saillent sur les côtés. Entre la pointe du coude et la tête du cubitus (l’os saillant sur l’intérieur, main face au ciel) c’est là que se trouve une gouttière où passe « le petit jésus », le nerf cubital : cognez-vous à cet endroit et vous comprendrez.

Les fractures de la main, fractures/luxations, les fractures du poignet doivent faire réfléchir à l’utilisation de gants protecteurs.



Certains gants ont des protections multiples et pas inutiles. Zones à risques : les parties saillantes des articulations de la main sur la face dorsale (là où ça chatouille pas), la paume de la main face externe (en regard du métacarpe du 5 ème doigt : os avant l’articulation du petit doigt), le petit doigt et le pouce (luxations). Certains gants ont un système anti-retournement du V ème doigt par liaison avec le IV ème doigt.

Analysez toutes les zones à risque de fractures et choisissez le gant le plus adapté. Le gant devrait remonter au moins à 4 travers de doigt au dessus de l’articulation du poignet, être bien fermé et le blouson bien fermé au dessus. Ainsi, lorsqu’il pleut, l’eau ne déperle pas à l’intérieur du gant. Ceci n’est vrai que pour ceux qui ne possèdent pas de HD ou autres équivalents : dans ce cas, les poignets sont au dessus des coudes et il faut que le gant recouvre le blouson et ainsi, lorsqu’il pleut, l’eau déperle vers le blouson et non à l’intérieur du gant.

5) Articulation hanche/fémur (coxo-fémorale)
Rien ne protège le bassin. Le risque de fracture existe et, en cas de fracture du bassin, le risque de saignement interne est important. Parfois, il faut opérer pour remettre les articulations en place.



Les traumatismes des membres inférieurs sont les plus fréquents et peuvent s’associer à d’autres traumatismes : on parle de polytraumatisme.

Tout peut être luxé/fracturé/abrasé mais les dégâts minimisés avec le port de pantalons adéquats anti abrasifs munis de coques protectrices. Sur les « bons » pantalons il existe des coques placées en regard des têtes des fémurs.

Même leitmotiv pour toutes les coques :: préférer celles dites « à mémoire » et qui répartissent la force sur toute la coque lors d’un impact et non sur une seule zone. La pression exercée est d’autant plus forte que la zone est petite : P = F / S et ainsi une femme de 50 Kgs avec talons aiguilles exerce une pression sur le sol plus importante que la tour Eiffel.

Le saviez pas, ça, hein ?



En regard de la tête des fémurs, l’os que l’on sent à ce niveau est le grand trochanter. Le bon pantalon absorbe en petite partie les chocs, protège contre l’abrasion mais c’est là que les coques ont une grande importance.

Une fracture du fémur est plutôt grave, d'autant si elle est "ouverte" exposant à un risque d'infection et de non consolidation pouvant à des semaines d'hospitalisation à des réinterventions etc....

6) Membre inférieur : protéger ses genoux et ses jambes :



La coque genou/jambe doit remonter à au moins 4 travers de doigt au dessus du genou (protection de l’extrémité du fémur, les condyles fémoraux) et descendre jusqu’au 2/3 de la jambe. La fin de cette protection couvre la partie supérieure de la botte lorsque le pantalon recouvre la botte.

La coque doit être enveloppante en particulier au niveau du genou sur les côtés car une fracture du col du péroné (os à l’extérieur du tibia, le col du péroné se situe donc juste en dessous du genou, à l’extérieur), peut entraîner une paralysie d’une des 2 divisions du nerf sciatique (le nerf sciatique poplité externe) et empêcher de relever le pied avec les conséquences que cela a.

La partie inférieure de la jambe, les chevilles, les os du pied, le calcanéum (talon) sur lequel s’insère le tendon d’Achille doivent être sérieusement protégés par des bottes adéquates.



On analysera :

les parties antérieures et postérieures des bottes au niveau de la jambe, qui doivent être rigides et suffisamment enveloppantes,
la présence de renforts latéraux limitant/empêchant le retournement du pied vers l’intérieur ou l’extérieur,
le renforcement suffisamment large des chevilles au niveau des malléoles internes et externes (os saillants correspondant à l’extrémité du tibia et du péroné, les 2 os de la jambe)
le renforcement rigide du talon
le renforcement au niveau du coup de pied
la qualité de la semelle de la botte

Bien sûr, une botte adéquate est une botte chère mais, ma foi, autant que les dégâts soient les moins sévères possibles : une fracture simple du tibia vaut mieux qu’une fracture complexe et ouverte, demande une hospitalisation de courte durée, laisse peu de séquelles. Dans l’autre cas cela peut conduire à une hospitalisation longue et douloureuse avec de multiples anesthésies, un risque d’infection majeur et peut aller jusqu’à l’amputation.

Textile ou cuir ? Que choisir ?

Le cuir est confortable et une seule tenue peut permettre de rouler par tout temps. Certains sont étanches, mais cher, d’autres le sont plus ou moins. Cependant, faut acheter un top case pour trimballer son change (pantalon, jupette……) à moins de laisser son vestiaire au boulot.

Certains textiles (cordura, kevlar….) sont aussi anti-brasifs que le cuir mais coûtent quasiment le même prix. Ils sont rarement polyvalents obligeant à acheter un blouson «été ». Idem que le cuir pour le change.

J’en connais un qui remplit un bon cahier des charges : anti-abrasif, protections au top, étanche avec sa doublure thermique isolante et respirante, un col remontant haut n’obligeant pas à porter un cache cou, autorisant le roulage par tout temps hiver comme été….Il vaut certes 379 euros mais la coque intégrée est la même que la coque additionnelle de chez BM et qui vaut 159 euros. Le blouson revient alors à 220 euros.

Perso, je préfère nettement le cuir.

En conclusion, protégeons nous et sortons « coqués »

Lulu

funkenstein:
je vend mon mostro qui en veux  :cry:

Merci Lizou pour les infos

bertilou:
Moi un article qui fait l'apologie du cuir ça me botte !  :police:  :D



gilaub:
merci pour cette copie de prose lizou :wink:
ça me rapelle que j'avais dis que je regarderais de près les gilets airbag pour la piste moi
qui a déjà testé, c'est jouable avec la combarde :siffler:
est ce qu'il y des protec pour les cervicales pour la piste, apparement non mais bon il y a bien des modèles...
 

insane_rider:
un pote utilise un gilet airbag pour la piste, il a du supprimer la bosse dans le dos. c est tenu par une sorte de sangle a la moto et on reve tous secretement qu il oublie de la détaché en descendant de la moto...  :lol:

et merci Lizou  :thumbsup:

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