L’arbitrage du Néo-Zélandais Ben O’Keeffe est devenu un point de ralliement pour tous ceux que cette sortie prématurée laisse partagés entre la colère et l’incompréhension. C’est en partie justifié. (...) Mais il y a évidemment d’autres explications. « Il n’y a eu que 12 pénalités dans ce match, six de chaque côté », relève Pierre Berbizier. « Si on a vécu un grand match et une première mi-temps exceptionnelle, c’est parce que l’arbitrage a permis de libérer le mouvement. » Et dans le combat qui s’est engagé, les Bleus ont déployé une énergie et une générosité sidérantes. Mais le constat, c’est aussi qu’ils sont sortis de leur cadre de jeu habituel. Qu’ils ont perdu de la lucidité et de la justesse technique en même temps qu’ils payaient physiquement leur débauche d’efforts. « Les Sud-Africains, que l’on prend toujours pour des lourdauds, ont été plus intelligents que nous, estime l’ancien demi de mêlée et entraîneur des Bleus. Ils nous ont pris sur les extérieurs et ont marqué avec des jeux au pied dans des zones où ne les attendait pas. On a perdu le défi stratégique. (...) Si l’on examine le scénario de la rencontre, force aussi est de souligner l’apport du banc sud-africain parfaitement programmé alors que le coaching des Bleus a été plus qu’inopérant. « Il a amené plus de problèmes que de solutions », juge Pierre Berbizier.